Article paru dans le Sud-Ouest du 24/10/2003

HISTOIRE, À l'approche du quatre-centième anniversaire du Canada,
un comité local oeuvre pour honorer ce royannais qui y fonda les premères colonies
.

Ressusciter Dugua de Mons

A croire que seul un comitéd'irréductibles royannais milite encore pour la mémoire de Dugua de Mons. Ce Pierre Dugua sieur de Mons, natif de Royan, fait lieutenant général du roi sur « les pays, côtes et confins de l'Acadie » en novembre 1603. Et qui s'en alla, flanqué de son illustre lieutenant Samuel Champlain, fonder les toutes premières colonies de la NouvelleFrance. L'île Sainte-Croix, puis, un détestable hiver plus tard, Port-Royal. Quatre ans plus tard, Québec. Aujourd'hui, le jeune Canada s'apprête à célébrer avec faste ses quatre cents ans et honorer ses héros.
Sans Dugua. Ou presque. Les livres d'histoire n'ont pas retenu l'homme. Parce que les Jésuites qu'accompagneront les premiers émigrants n'avaient que faire de cet aventurier huguenot.
Parce que lui-même n'a pas daigné laisser le moindre écrit. Voilà le « défi » du « comité de Royan pour le 400e anniversaire de la fondation de l'Acadie et de Québec »: « Pour que la mémoire de Dugua ne soit pas oubliée et prenne sa place dans l'histoire aux côtés de Champlain », résume François Chabaneau, président et conseiller municipal chargé des relations internationales.

Festivités canadiennes.
« Royan est la ville natale de Dugua de Mons. C'est peu et beaucoup à la fois, présente la secrétaire Marie Claude Bouchet. n l'a quittée jeune, il n'y est peut-étre pas revenu. Son nom h'est pas ancré dans la mémoire locale ». Mis à part une rue, une promenade et une stèle érigée devant la mairie de Royan. Il n'empêche, le comité royannais entend faire résonner le nom de Dugua à l'occa
sion des festivités canadiennes. « Beaucoup d'argent sera dépensé pour ces célébrations. L'ambassade du Canada a fait des appels à projets. Des projets qui doivent s'inscrire dans la durée. On ne voit pas pourquoi Royan ne pourrait pas recueillir quelques miettes de cette manne... ».
Porte-drapeau des activités du comité, un documentaire tourné entre Royan et le Canada, l'an dernier, « sur les pas de Dugua de Mons ». Dont la projection se limite, pour l'heure, à deux séances à Royan. Signe gratifiant, il sera diffusé le 7 novembre prochain, jour où Dugua reçut le titre de lieutenant général, au centre culturel du Canada, à Paris.

Timbre et livre.
Un timbre en son honneur sera émis en juin 2004. A la fois en France et au Canada. Une faveur quémandée par
Annapolis Royal, avec laquellel Royan avait signé un « protocole, d'amitié », et Jacqueline Ricardon, vice-présidente du comité. L'historien Guy Binot s'est attelé à l'écriture d'une biographie. n I sera édité chez Bonne-Anse d'ici l'été 2004. Mais le comité ne désespère pas de rallier un financement canadien. Le livre en sera d'autant plus « ouvragé ».
D'autres projets, dont un site Internet, sont à l'étude. Restera pour le comité à porter ses efforts ~ sur la « province la plus impor tante qu'est Québec, sans attenter à la mémoire de Champlain. Il est injuste que Champlain occupe toute la place », répéte-t-on. Le chemin est encore long. Il y a quelques années, une association d'échanges franco-québecoise ne voyait-elle pas en Dugua un méprisable « trafiquant de fourrures ». Le roi lui en avait confié le monopole