Le 400e anniversaire de la fondation de Québec par Champlain

La Grande Traversée de l'Atlantique constitue l’un des événements majeurs des manifestations qui se préparent en France et au Canada pour le célébrer. Une soixantaine de bateaux menés par le Belem s'apprête à suivre le sillage de l'explorateur pour une course croisière La Rochelle Québec La Rochelle.

La Grande Traversée de l'Atlantique Le Belem
La Grande Traversée de l'Atlantique Le Belem

Cet événement fera l'objet d'une vaste couverture médiatique pendant 6 mois. C’est l’occasion de rappeler le rôle considérable de Pierre Dugua de Mons en Amérique. Ce gentilhomme saintongeais, né à Royan en 1560, dirige les expéditions qui aboutissent à la fondation des premiers établissements d’Amérique du Nord.
Il engage un jeune cartographe et géographe, saintongeais comme lui, Samuel Champlain qu’il envoie, en 1608, établir une nouvelle fondation sur le Saint Laurent : c'est la naissance de Québec.

Absent malgé lui en 1608, Pierre Dugua de Mons sera présent en 2008.
Un navire royannais de 39 pieds le Tarapaca, le 1er inscrit donc le numéro 1 de la Grande Traversée portera pour la circonstance le nom de Dugua de Mons - Ville de Royan. Ses voiles seront sérigraphiées à l'effigie de Dugua de Mons, figurant ainsi la présence bienveillante du héros royannais guidant la flotte.
Cette opération mettra un terme en beauté aux actions nombreuses menées par le Comité Dugua de Mons. Actions fructueuses qui ont permis de réhabiliter la mémoire de Pierre Dugua.

Inauguration du monument à Québec Le Tarapaca
La Grande Traversée de l'Atlantique Le Belem

Programme chargé de festivités conclu par un spectacle du Cirque du soleil. Bateau Pour cet été, je vous conseille de réserver vos billets pour la Nouvelle France devenue Canada, pour Québec, cette ville qui aurait pu s’appeler, la nouvelle Royan.

Jean-Paul Vignon le skipper

Certaines traditions ont la vie dure, surtout si on est bercé pendant toute sa jeunesse par les récits et les chants d’un grand-père marin -lequel vécut la prestigieuse chanson de geste des derniers grands voiliers- et que l’on use ses cahiers de lycéen à griffonner des bateaux et à les construire, sans que cela soit une simple fin en soi. C’était pour lui le moyen le plus évident d’aller sur l’eau, afin de prolonger une tradition bien ancrée et de la faire partager : il y avait déjà de fortes chances que ce virus-là ne guérisse jamais.

Rêves de voiles

Au milieu des années 60, l’été dans la baie de Saint-Georges de Didonne, baigneurs et dériveurs sont bien surpris de voir évoluer parmi eux, des modèles de voiliers qu’ il construit et qui sont de moins en moins réduits. Ces années le voient renouer effectivement avec la pratique de la voile, par le biais des Caravelles, Zef et Ponants rouges de l’école de voile de Royan, époque bénie ou les séances de stage duraient huit heures mais ne suffisaient pas à prolonger le jardin des mers de son enfance normande.

Jean-Paul Vignon, son Epouse et ses Enfants, et ses premières constructions
Jean-Paul Vignon, son Epouse et ses Enfants, et ses premières constructions

C’est la lecture du récit du voyage de Joshua Slocum qui détermine le cheminement de ses projets maritimes.II naviguera désormais sur des bateaux de sa propre facture.
Ainsi parallèlement à sa vie, d'écolier, d'étudiant, et de salarié dans diverses activités : technicien, chargé d’affaires en bureau d'études, enseignant de l'éducation nationale, moniteur skipper, il occupe son temps libre à concevoir et construire des voiliers et à les utiliser... Cela va de la navigation côtière aux périples hauturiers qui tous sillages confondus dépassent aujourd’hui 100 000 milles, parcourus en Atlantique Nord entre l'équateur et le cercle polaire.

Il construit ses bateaux

Il conçois Clymène à seize ans, petite bombe hybride de 16 pieds, rassemblant les innovations « tabarlyennes » du moment, qui de sa quille heureusement relevable laboure plusieurs étés le lait de vase et le dur clapot de la Gironde avant de s’aventurer jusqu’aux îles Scilly en 1974.
Vient ensuite Satanite, Objet Voguant Non Imitable de 25 pieds avec lequel en 1981-82 accompagné de son épouse Geneviève ils accomplissent un grand huit à travers l’Atlantique Nord, de la Norvège aux Antilles en passant par les îles du Cap vert, New York la Nouvelle Ecosse, et les Açores. Par la suite, c’est à son bord que leurs enfants Jean-Yvon et Romain humeront très tôt l’air du large.
«Tarapaca» est le nom du 4 mats carré sur lequel le grand-père doubla le Cap-Horn en 1910. Son histoire traverse celle de la région puisqu’en 1901 il coula accidentellement dans le sas d’entrée du port de La Pallice et qu’en 1917 il fut coulé définitivement par un U-Boot allemand et gît désormais par 120 mètres de fond à 65 milles à l’ouest du Phare de la Coubre.

Le premier Tarapaca au port de La Rochelle Le premier Tarapaca en pleine voile
Le premier Tarapaca au port de La Rochelle Le premier Tarapaca en pleine voile

Son nom refait surface par une soirée glaciale de février 1996, ou l’on n’avait jamais tant vu de monde sur les quais du port de Meschers pour assister sous la pluie, à la mise à l’eau de «Tarapaca» voilier de onze mètres d’une nouvelle génération désormais vouée à la plaisance. Après une décennie de gestation au hameau de Serres près de Meschers sur Gironde, où l’on a pu assister au milieu d’une prairie, à la naissance d’une curieuse plante d’aluminium.

Le Tarapaca et ses voiles sérigraphiées à l'effigie de Dugua de Mons
Le Tarapaca et ses voiles sérigraphiées à l'effigie de Dugua de Mons